Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité lors d’une interview accordée à France Info, ce mercredi 16 octobre 2024. Il a abordé notamment des questions liées à la mutuelle basée à Niort.
Télétravail : un bilan positif et des points de vigilance
La MAIF a été l’une des premières entreprises à signer un accord sur le télétravail en juillet 2020. Cet accord permet à ses collaborateurs de travailler à distance jusqu’à trois jours par semaine. Alors que de nombreuses entreprises remettent en cause ces accords post-Covid, Pascal Demurger se montre plus prudent. Selon lui, il est encore trop tôt pour mesurer tous les effets du télétravail, notamment sur la culture d’entreprise et le sentiment d’appartenance.
Le directeur général se veut rassurant quant aux potentiels abus. « Il y a très peu d’abus », affirme-t-il, ajoutant que la motivation et l’engagement d’un collaborateur ne changent pas selon qu’il travaille de chez lui ou au bureau. La MAIF n’a d’ailleurs pas constaté d’impact négatif sur l’efficacité opérationnelle et la productivité de ses équipes.
L’engagement des salariés : une priorité pour la MAIF et Pascal Demurger
Pour Pascal Demurger, la motivation et l’engagement des collaborateurs sont des éléments clés de la réussite de l’entreprise. « On obtient pas ça en leur tapant sur la tête », martèle-t-il. La MAIF privilégie la motivation, la reconnaissance, la considération et l’attention quotidienne au travail de ses salariés.
L’entreprise s’efforce aussi de donner du sens au travail de ses collaborateurs. Elle veille à créer les conditions nécessaires à leur épanouissement professionnel. Cette approche, bien que demandant des efforts et de l’investissement, s’avère payante sur le terrain et permet à la MAIF de faire face à la concurrence internationale.
Une perte liée au dérèglement climatique et à la protection du pouvoir d’achat
Dans cette interview, Pascal Demurger a aussi fait une déclaration frappante : l’assurance habitation, un pilier du secteur, n’est plus rentable. « Je peux vous dire sans trahir de secret que je dirige une entreprise, la MAIF qui aujourd’hui perd de l’argent sur l’assurance habitation », a-t-il déclaré.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. Le premier, et le plus important, est le dérèglement climatique. Les intempéries, de plus en plus fréquentes et intenses, engendrent des coûts considérables pour les assureurs. « En gros, par rapport aux années 2010, on a plus que doublé le coût, pour les assureurs, des intempéries », précise Pascal Demurger.
Face à cette augmentation des coûts, la MAIF a choisi de ne pas répercuter la totalité de la hausse sur ses sociétaires. « On a voulu protéger le pouvoir d’achat de nos sociétaires et donc on a augmenté nos tarifs beaucoup moins que les coûts que nous supportons » explique le directeur général. Cette politique a conduit à une perte « qui se mesure en quelques dizaines de millions d’euros » pour la MAIF sur l’assurance habitation.
Pour Pascal Demurger, une remise en question du modèle de l’assurance habitation ?
Pour Pascal Demurger, la solution passe par une solidarité accrue entre les assureurs. Il propose la mise en place d’un système de mutualisation des risques. Cela permettrait à chaque acteur du marché de partager les coûts liés au changement climatique. La perte de rentabilité de l’assurance habitation soulève la question de la solidarité entre assureurs. Cela remet également en cause la viabilité du modèle actuel. Face à l’augmentation inexorable des coûts liés au dérèglement climatique, une refonte du système pourrait s’avérer nécessaire.
L’appel de Pascal Demurger à une plus grande solidarité entre assureurs est un premier pas vers une solution durable. Cependant, il faudra probablement aller plus loin pour garantir l’accès à l’assurance habitation pour tous. Cela est particulièrement important dans un contexte où le changement climatique devient de plus en plus prononcé.
Source : FranceInfo