La saison touristique 2026 en Deux-Sèvres affiche une fréquentation en baisse de 2,25 % à fin août par rapport à 2025. Le Département, qui a présenté son bilan le 3 septembre, comptabilise 5,34 millions de nuitées contre 5,47 millions un an plus tôt. Il souligne toutefois un recul moins marqué que dans plusieurs départements voisins de Nouvelle-Aquitaine, où les baisses annoncées vont de 3 à 5 %, et jusqu’à 9 %.
La saison touristique 2026 en Deux-Sèvres pénalisée par les fortes chaleurs
Selon le Département, plusieurs facteurs expliquent le recul de la fréquentation : une météo printanière instable, de nombreux épisodes caniculaires pendant l’été, la hausse des carburants et un climat économique anxiogène qui a conduit les clientèles à privilégier l’épargne.
La baisse touche davantage les dépenses réalisées sur place que la fréquentation elle-même. La restauration, les activités annexes et les boutiques figurent parmi les secteurs concernés.
Le recul s’est également accentué au fil de la saison. Il atteignait 1,40 % à la mi-juillet avant de se creuser avec les épisodes caniculaires de la seconde partie de l’été.
La nature et les événements soutiennent la fréquentation de la saison touristique 2026 en Deux-Sèvres
Le Département estime que plusieurs caractéristiques du territoire lui permettent de mieux résister : son cadre rural, son niveau d’ombragement ainsi que la présence de rivières et de points d’eau.
La programmation événementielle, riche et souvent gratuite, a également soutenu la fréquentation des hébergements. Le Département cite notamment le FLIP, le Festival de Bouche à Oreille, l’Opéra d’été et Au Fil du Thouet. Il constate que les visiteurs ont particulièrement recherché les animations et les expériences gratuites cet été.
Saison touristique 2026 en Deux-Sèvres : Près d’un professionnel sur deux juge la saison moins bonne qu’en 2025
Le Département a interrogé plus de 175 professionnels du tourisme à la fin du mois d’août. La centrale des Gîtes de France, qui regroupe 250 propriétaires, et l’UMIH Deux-Sèvres, qui représente 140 professionnels, ont complété cette consultation.
Le ressenti reste contrasté : 21 % des professionnels interrogés jugent la saison meilleure qu’en 2025 et 32 % la considèrent stable. À l’inverse, 47 % estiment leur activité moins bonne.
Les remontées de ces professionnels permettent également au Département de dresser un bilan touristique par secteur.
Embarcadères : une activité stable
Les principaux embarcadères du Marais poitevin dressent le bilan d’une saison mitigée. Les groupes démarchés ont permis de soutenir l’activité face à des clientèles individuelles moins présentes et plus exigeantes.
Les activités annexes, comme les snacks, la restauration et la location de vélos, souffrent davantage du recul du pouvoir d’achat. Les professionnels souhaitent aussi adapter leurs horaires si les étés caniculaires se répètent, avec des ouvertures plus matinales, une longue pause à la mi-journée et des fermetures plus tardives.
Hôtellerie : une activité en baisse
L’activité recule dans la majorité des hôtels des Deux-Sèvres. Les établissements qui proposent de la restauration constatent des difficultés plus importantes dans cette activité que dans l’hébergement.
Selon le bilan départemental, la météo et certains événements sportifs, dont la Coupe du monde de football, ont entraîné des annulations ou des reports de séjours. Les hôtels climatisés limitent davantage la baisse, sans échapper aux pertes d’exploitation. La généralisation des réservations de dernière minute pèse également sur la filière.
Restauration : une baisse d’activité estimée à environ 15 %
La restauration connaît également une saison difficile. Selon les professionnels de la filière interrogés, l’activité recule d’environ 15 % par rapport à une saison 2025 déjà en baisse.
Certains établissements ont gelé des recrutements faute de trésorerie. Les restaurateurs indiquent également ne pouvoir répercuter qu’en partie la hausse du prix des matières premières.
Hôtellerie de plein air : les grands établissements résistent mieux
L’activité reste globalement stable dans l’hôtellerie de plein air. Les grands établissements s’en sortent mieux que les petites structures moins équipées.
Les campings des Deux-Sèvres doivent aussi s’adapter à l’évolution des comportements, avec des séjours plus courts et la progression des vans, camping-cars et caravanes. Selon le Département, le cadre rural, l’ombrage et les points d’eau permettent au territoire de mieux résister que les départements côtiers voisins.
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Gîtes, chambres d’hôtes et locations : une saison irrégulière
La centrale des Gîtes de France dresse le bilan d’une saison contrastée. Les mois d’avril et de juin ont été mauvais, tandis que juillet et août sont jugés plutôt satisfaisants.
L’ombrage et la fraîcheur des vieilles pierres ont limité les pertes de remplissage pendant les fortes chaleurs. Les hébergeurs constatent toutefois une réduction des dépenses de leurs clients et pointent la forte concurrence d’Airbnb, Booking et Abritel.
Les événements organisés dans le département ont, à l’inverse, profité à de nombreux hébergements.
Sites de visite : un recul après plusieurs années de hausse
Après plusieurs années de progression depuis 2018, l’activité recule dans de nombreux sites de visite. Les sites départementaux, dont Zoodyssée et le Tumulus de Bougon, limitent la baisse, voire progressent, grâce aux événements, aux expositions et aux nouveautés.
Les journées caniculaires ont néanmoins pesé sur leur fréquentation. La situation reste également très variable pour les kartings, les parcs accrobranche et les loisirs liés aux plans d’eau. Ces derniers subissent des fermetures de plus en plus fréquentes en raison de la présence de cyanobactéries.
Offices de tourisme : une fréquentation en dents de scie
Les offices de tourisme font état d’une activité globalement stable, mais marquée par une alternance de temps forts et de périodes plus creuses pendant les épisodes caniculaires.
Le tourisme itinérant, notamment les cyclotouristes et les randonneurs, a été moins présent. Le mois d’août, moins chaud que juillet, a généré davantage de demandes de renseignements.
Les événements, principalement gratuits, ont maintenu l’animation dans les communes et soutenu les hébergements. Les offices de tourisme constatent en revanche une baisse de fréquentation des restaurants, avec des terrasses parfois vides.
Le Département veut adapter l’offre touristique aux fortes chaleurs
Face à l’évolution du climat et des comportements, le Département des Deux-Sèvres prévoit de poursuivre l’adaptation de l’offre touristique aux fortes chaleurs et de renforcer sa communication auprès des clientèles de proximité.
Il souhaite également cibler davantage les seniors en avant et en arrière-saison. Le Département indique que près de la moitié des vacanciers ont désormais plus de 50 ans.
Coralie Dénoues, présidente du Département des Deux-Sèvres, met en avant la capacité de résilience de la destination et souhaite poursuivre l’accompagnement des professionnels face aux enjeux climatiques et aux changements de comportement des clientèles.
Esther Mahiet-Lucas, vice-présidente chargée de la promotion du territoire, souligne de son côté les atouts des Deux-Sèvres liés à la nature, aux rivières et à l’art de vivre rural. Elle estime que ces caractéristiques répondent aux attentes de clientèles confrontées aux fortes chaleurs.
En bref : ce qu’il faut retenir de la saison touristique 2026 en Deux-Sèvres à la fin août
Quelle est la baisse de la fréquentation touristique en Deux-Sèvres en 2026 ? À fin août, le Département annonce une baisse de 2,25 % par rapport à 2025, avec 5,34 millions de nuitées contre 5,47 millions un an plus tôt.
Pourquoi la saison touristique 2026 recule-t-elle en Deux-Sèvres ? Le Département cite une météo printanière instable, les épisodes caniculaires de l’été, la hausse des carburants et un climat économique qui a incité les visiteurs à limiter leurs dépenses.
Quels secteurs touristiques résistent le mieux en Deux-Sèvres ? L’hôtellerie de plein air, les embarcadères et les offices de tourisme affichent une activité globalement stable. L’hôtellerie, la restauration, les gîtes et locations ainsi que les sites de visite enregistrent une baisse.
Source : Département des Deux-Sèvres – 5 septembre 2026
Crédit photo d’illustration : Jan van der Wolf – Pexels