Manon, niortaise, en Californie : « J’ai vu une de mes professeurs pleurer »

Manon est une niortaise de 18 ans. Après un bac S obtenu en juin dernier, elle a fait le choix de partir un an aux États Unis, pour améliorer mon niveau d’anglais mais aussi pour permettre une ouverture d’esprit ainsi qu’une découverte d’un système entièrement différent. Elle est pour l’instant en école de langue et rentre en janvier dans la fac de Mesa College San Diego en Californie. Elle a voulu réagir après avoir lu les réactions des niortais sur l’élection de Donald Trump.

« Je ne tiens pas à prendre parti. Les États Unis ne sont pas mon pays et leur politique leur appartient, je ne pense pas être a même de juger. Mais je tiens tout de même à dire que j’ai vécu avec eux cette campagne et cette élection. J’ai regardé chaque débat, consulté chaque programme et écouté les avis des différentes classes sociales. J’ai regardé mes amies et professeurs allé voter hier et j’ai aussi assisté avec eux aux résultats en directs hier soir.

 » Il y régnait un silence de mort. De même, ce matin au réveil, l’atmosphère était morbide. « 

Alors oui, je reconnais qu’il y avait une certaine euphorie hier avant les résultats. Mon état, la Californie, est connue pour être démocrate et dieu sait qu’hier soir, eux, ainsi que l’Amérique tout entière était convaincue qu’Hillary Clinton serait la nouvelle présidente. Je vis dans un quartier généralement animé et hier soir je vous assure qu’il y régnait un silence de mort de même, ce matin au réveil, l’atmosphère était morbide .

J’ai ressenti aujourd’hui la grande fracture du peuple américain qui n’arrive plus à s’identifier aux différents candidats. Voter pour Trump semblait être pour eux le vote du changement, le vote de la dernière chance. Ils s’attendaient tous à célébrer la victoire de la première présidente, une véritable victoire de la femme.

 » Ne soyez pas désolé pour moi, soyez désolé pour mon pays. « 

À côté de ça, j’ai vu une de mes professeurs pleurer car elle sait que se sera sûrement tout le contraire. Elle a eu des mots très juste je trouve: « Ne soyez pas désolé pour moi, soyez désolé pour mon pays ». Je pense qu’aujourd’hui personne n’est à même de savoir ce que leur réserve le futur. Certains américains ont peur, d’autres sont impatients. Mais s’il y a bien une chose qui est certaine, c’est qu‘il y a maintenant un véritable problème au sein de leur pays qu’ils vont devoir résoudre ensemble.

Je pense donc que les médias français, au lieu de s’accaparer les problèmes des États Unis, devraient se préoccuper de leur propres problèmes, et on sait tous qu’ils sont nombreux. L’Amérique a aujourd’hui besoin de notre soutien et non de notre jugement. »

 

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