Handicap en Deux-Sèvres : le débat des sorties limitées

L’échange était parti d’un cri du cœur à propos du handicap en Deux-Sèvres. Nicolas Courjaud, directeur de Maif Prévention, n’a pas hésité à interpeller publiquement Coralie Dénoues, présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres, sur  le réseau social professionnel LinkedIn. En cause : une décision qui pourrait limiter les jours de sortie des résidents handicapés des foyers de vie départementaux. Derrière le responsable associatif, c’est d’abord un frère inquiet qui s’exprime, étant directement concernée par ces mesures.

« Parce que le handicap est déjà souvent source de privation de liberté, n’en rajoutez pas. », martèle-t-il dans sa publication qui relaie une pétition qui a mobilisé plus de 1 100 signataires. Pour Nicolas Courjaud, cette proposition révèle une approche économique qui met à mal les droits des personnes handicapées à maintenir des liens familiaux et sociaux.

La défense du département face aux contraintes budgétaires du handicap en Deux-Sèvres

La réponse de Coralie Dénoues ne s’est pas fait attendre. Dans son commentaire LinkedIn, l’élue départementale a tenu à rétablir sa version des faits. En effet, elle dénonce une mauvaise interprétation de l’action départementale. Elle rappelle que les Deux-Sèvres financent déjà 35 jours supplémentaires de sortie. C’est plus que ce qui avait été initialement contractualisé avec l’Adapei, l’association gestionnaire des établissements.

Ainsi, cette joute numérique révèle les tensions qui traversent le secteur médico-social. Face aux déséquilibres financiers croissants des structures d’accueil, le département a proposé un plan de retour à l’équilibre pour l’Adapei 79, l’association créée et dirigée par des parents d’enfants en situation de handicap dans les Deux-Sèvres. Coralie Dénoues refuse que les élus portent seuls ce fardeau. Ainsi, elle appelle à une coresponsabilité « et l’effort de chacun, y compris des familles ».

Un enjeu plus large derrière un cas local

Si cette échange prend racine en Deux-Sèvres, elle cristallise des problématiques bien plus larges. En effet, les foyers de vie peinent à concilier mission d’accompagnement et contraintes budgétaires. Les résidents, souvent éloignés de leurs familles pour des raisons géographiques, dépendent largement de ces structures pour maintenir leurs liens sociaux.

Entre les impératifs de gestion et l’impératif humain, l’équilibre semble de plus en plus précaire dans un contexte de restriction budgétaire généralisée. Mais ce débat sur les foyers de vie est complexe. En plus, il met en balance la gestion budgétaire et les réalités humaines. Il rappelle que la liberté n’est pas un luxe et l’équilibre entre les contraintes financières et l’humain est fragile.

Source : LinkedIn

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