Au 1er novembre 2026, la recharge des nappes du Marais poitevin n’a toujours pas commencé. Après plusieurs mois de déficit de pluie, les cours d’eau et les marais affichent également des niveaux très bas. Le dernier bulletin de l’Établissement public du Marais poitevin (EPMP) montre que les précipitations d’octobre ont seulement permis de stabiliser la situation.
Depuis mars, il manque la moitié des précipitations habituelles
Les pluies d’octobre n’ont pas suffi à compenser les mois précédents. Les stations Météo-France de Niort, La Rochelle et La Roche-sur-Yon ont enregistré une moyenne de 51,4 mm de pluie, contre 99 mm habituellement en octobre. Cela représente seulement 52 % de la normale calculée sur la période 1991-2020.
Le contraste est net avec septembre, qui n’avait reçu que 29 % des pluies habituelles. Depuis mars, tous les mois présentent un déficit, sauf août, dont le cumul était proche de la moyenne. Au total, l’EPMP estime le manque de précipitations à 50 % sur cette période.
| Mois | Pluie en 2026 | Normale 1991-2020 | Part de la normale |
|---|---|---|---|
| Août | 57,6 mm | 49,9 mm | 115 % |
| Septembre | 18,1 mm | 63,4 mm | 29 % |
| Octobre | 51,4 mm | 99,0 mm | 52 % |
Source : Météo-France, données reprises par l’EPMP. Pourcentages arrondis à l’unité.
Les nappes se stabilisent, sans commencer à se recharger
Dans les nappes souterraines, la baisse semble marquer le pas. Mais les niveaux restent particulièrement bas pour la saison et la recharge automnale n’a pas encore débuté. Les pluies reçues jusqu’au 1er novembre n’ont donc pas inversé la situation.
L’EPMP invite toutefois à interpréter ces mesures avec prudence. Elles proviennent de puits d’observation, appelés piézomètres, dont la plupart sont influencés par les prélèvements d’eau.
Sur la carte publiée par l’établissement, les niveaux sont notamment bas dans le secteur de Niort. Cette faiblesse concerne aussi les eaux de surface, qui réagissent rapidement aux précipitations.
Les cours d’eau restent à des débits très faibles
Les précipitations d’octobre ont également freiné la baisse des débits des cours d’eau, c’est-à-dire la quantité d’eau qui s’écoule dans les rivières. Elles n’ont toutefois apporté qu’une stabilisation. Les débits demeurent très faibles pour le début de novembre.
L’EPMP juge la situation des milieux aquatiques « particulièrement préoccupante » à cette période de l’année. Dans ce territoire, nappes et rivières réagissent fortement aux pluies : leurs niveaux peuvent diminuer ou remonter rapidement selon les précipitations.
Dans les marais, l’eau reste sous les seuils de gestion
La situation est également difficile dans la zone humide. Sur la plupart des secteurs du Marais poitevin, les niveaux d’eau sont inférieurs aux niveaux planchers fixés pour leur gestion. Certains secteurs se situent encore très au-dessous de ces seuils.
Ces niveaux planchers correspondent aux limites basses définies dans les contrats de marais et les règlements d’eau. Ils servent, avec des niveaux plafonds, à encadrer la gestion de l’eau dans les différents secteurs. La carte de l’EPMP montre que les écarts varient d’un secteur à l’autre.
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Barrages à 36 %, réserves de substitution à 4 %
Les stocks d’eau collective restent eux aussi limités. Au 3 novembre, l’ensemble des barrages présentés dans le bulletin contient environ 20,5 millions de mètres cubes d’eau, soit 36 % de leur capacité maximale totale.
Dans les 29 réserves de substitution, il reste environ 450 000 mètres cubes, soit 4 % de leur volume utile total. Une réserve sur trois est vide, selon l’EPMP.
Ces réserves stockent de l’eau destinée à l’irrigation agricole. Leur principe consiste à prélever de l’eau durant les périodes autorisées pour limiter les prélèvements en été.
Au début de novembre, le constat reste donc le même pour les nappes, les cours d’eau et les marais : les pluies d’octobre ont stabilisé certains niveaux, sans amorcer la recharge. Leur évolution dépendra notamment des prochaines précipitations.
En bref : ce qu’il faut retenir sur l’eau dans le Marais poitevin au 1er novembre 2026
La recharge des nappes a-t-elle commencé ?
Non. Au 1er novembre 2026, l’EPMP constate une stabilisation à des niveaux bas, mais aucune recharge amorcée.
Quel est le déficit de précipitations ?
Depuis mars 2026, le déficit pluviométrique cumulé atteint 50 % sur le territoire étudié par l’EPMP.
Quelle quantité d’eau reste-t-il dans les réserves de substitution ?
Environ 450 000 mètres cubes, soit 4 % du volume utile total des 29 réserves. Une réserve sur trois est vide.
Sources
Crédit photo d’illustration : Frank Rietsch – Pexels