Docteurs juniors en Deux-Sèvres

Depuis ce lundi 2 novembre 2026, 19 docteurs juniors en médecine générale commencent à exercer dans les Deux-Sèvres. Ces jeunes médecins, qui achèvent leur formation, doivent renforcer l’accès aux consultations dans un département confronté aux difficultés de recrutement médical. L’Agence régionale de santé (ARS) les a répartis entre 15 communes, principalement dans les territoires où les habitants peinent à trouver un médecin. Mais leur arrivée ne signifie pas nécessairement une installation définitive.

Quinze communes des Deux-Sèvres accueillent des docteurs juniors

De Bressuire à Sauzé-Vaussais, en passant par Parthenay et Saint-Maixent-l’École, les affectations couvrent une grande partie du département. Quatre communes accueillent chacune deux docteurs juniors : Bressuire, Cerizay, Chauray et Saint-Maixent-l’École. Les onze autres comptent une affectation.

La répartition donne la priorité aux territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés d’accès à un médecin généraliste. L’ARS distingue notamment les zones d’intervention prioritaire (ZIP), où les besoins sont les plus importants, et les zones d’accompagnement complémentaire (ZAC), qui bénéficient également de mesures de soutien.

Voici la répartition des 19 docteurs juniors selon leur commune d’affectation, d’après la liste officielle actualisée le 29 octobre 2026 :

Commune Docteurs juniors Zonage médical
Airvault 1 ZIP
Bessines 1 ZAC
Bressuire 2 ZIP
Cerizay 2 ZIP
Chauray 2 ZAC
Coulonges-sur-l’Autize 1 ZIP
Échiré 1 ZAC
Faye-l’Abbesse 1 ZIP
La Mothe-Saint-Héray 1 ZIP
La Peyratte 1 ZIP
Loretz-d’Argenton 1 ZIP
Parthenay 1 ZIP
Saint-Maixent-l’École 2 ZIP
Sauzé-Vaussais (Sauzé-en-Bois) 1 ZIP
Thouars 1 ZIP

Au total, 15 des 19 docteurs juniors, soit près de 79 %, rejoignent des zones d’intervention prioritaire. Les quatre autres exerceront dans des territoires classés en zone d’accompagnement complémentaire, à Chauray, Bessines et Échiré.

La ville de Niort ne figure pas parmi les communes d’affectation. En revanche, trois communes de son agglomération accueillent quatre jeunes médecins.

Le Nord Deux-Sèvres et la Gâtine bénéficient aussi de plusieurs affectations. Bressuire, Cerizay, Faye-l’Abbesse, Loretz-d’Argenton, Thouars, Airvault, Parthenay et La Peyratte totalisent ainsi dix docteurs juniors.

Cette liste correspond aux communes d’affectation recensées par l’ARS. Les lieux de consultation peuvent toutefois différer, comme à La Forêt-sur-Sèvre, où deux médecins exerceront dans le cadre d’un projet porté par la maison de santé de Cerizay.

De La Forêt-sur-Sèvre à Sauzé-Vaussais, deux projets pour renforcer les soins

Derrière ces affectations, certaines communes voient se concrétiser des projets préparés depuis plusieurs mois. L’ARS met notamment en avant deux initiatives dans les Deux-Sèvres, avec des enjeux différents : retrouver une présence médicale ou préparer le départ d’un médecin.

À La Forêt-sur-Sèvre, le retour de consultations de médecine générale

À La Forêt-sur-Sèvre, deux docteurs juniors doivent permettre de rétablir une offre de médecine générale dans une commune qui, selon l’ARS, ne disposait plus de présence médicale.

Le projet associe les maîtres de stage universitaires de la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de Cerizay et la municipalité. Une MSP regroupe plusieurs professionnels de santé qui travaillent ensemble pour coordonner les soins.

Pour faciliter l’arrivée des jeunes médecins, la commune a mis à disposition des locaux et recherché des solutions de logement. Le maire s’est également impliqué dans la préparation de leur accueil.

Au-delà des consultations supplémentaires, les professionnels espèrent leur faire découvrir les conditions d’exercice en milieu rural. Cette expérience pourrait ensuite encourager une installation durable, sans toutefois la garantir.

À Sauzé-Vaussais, une succession médicale se prépare

La situation est différente à la MSP Sauze-Entre-Bois, où l’arrivée d’une docteure junior pourrait accompagner le renouvellement des médecins généralistes.

La jeune praticienne connaît déjà le territoire. Elle y a effectué un stage auprès du docteur Molina et envisage désormais de reprendre sa patientèle lorsqu’il partira à la retraite.

Cette perspective représente un enjeu important pour la continuité des soins. Les patients pourraient ainsi conserver un suivi médical sur le territoire, à condition que le projet d’installation aboutisse.

Pour les professionnels de la maison de santé, cette dernière année de formation constitue aussi une occasion de transmettre leurs pratiques. La future généraliste pourra poursuivre son apprentissage au contact d’une équipe locale et des établissements de santé voisins.

Ces deux initiatives illustrent les enjeux de l’accès aux soins dans les Deux-Sèvres : répondre aux besoins immédiats des patients tout en préparant, lorsque cela est possible, l’arrivée durable de nouveaux médecins.

Qu’est-ce qu’un docteur junior et que peut-il faire ?

Contrairement à ce que son appellation pourrait laisser penser, un docteur junior n’est pas un étudiant qui découvre les consultations. Il s’agit d’un médecin qui a déjà soutenu sa thèse et effectue sa dixième et dernière année de formation en médecine générale.

La réforme du troisième cycle des études médicales a créé ce statut pour faciliter le passage entre la formation universitaire et l’exercice professionnel. Le dispositif s’inscrit aussi dans le Pacte de lutte contre les déserts médicaux, annoncé le 25 avril 2025.

Concrètement, le docteur junior reçoit lui-même les patients. Il peut les examiner, établir un diagnostic, prescrire des médicaments ou des examens et renouveler certaines ordonnances. Il peut également orienter un patient vers un spécialiste et assurer son suivi pendant la durée du stage.

Cette autonomie reste encadrée. Chaque jeune médecin travaille sous la supervision d’un maître de stage universitaire (MSU), un médecin généraliste expérimenté chargé de l’accompagner.

Le maître de stage n’assiste pas nécessairement à chaque consultation. Il doit néanmoins rester joignable et pouvoir intervenir lorsque la situation médicale l’exige.

Dans les Deux-Sèvres, les docteurs juniors relèvent de la subdivision universitaire de Poitiers. Leur dernière année de formation leur permet de développer leur expérience tout en participant à l’offre de soins locale.

Les Deux-Sèvres parmi les départements où l’accueil a dépassé les objectifs

L’arrivée des 19 docteurs juniors s’inscrit dans un déploiement régional plus large. En Nouvelle-Aquitaine, 243 jeunes médecins prennent leurs fonctions ce 2 novembre 2026, sur 249 terrains de stage ouverts.

L’ARS et la préfecture de région soulignent les efforts réalisés dans plusieurs départements ruraux. Elles citent notamment les Deux-Sèvres, où les capacités d’accueil ont dépassé les objectifs initialement fixés.

Avec 19 affectations, le département représente près de 7,8 % de l’effectif régional. Il accueille deux docteurs juniors de moins que la Charente, mais un de plus que la Charente-Maritime et la Vienne.

Cette répartition résulte d’une mobilisation des professionnels de santé et des collectivités. Dans toute la région, 508 médecins se sont portés volontaires pour encadrer les nouveaux arrivants.

Les structures collectives occupent une place importante dans ce dispositif : 67 % des stages régionaux se déroulent dans une maison de santé pluriprofessionnelle ou un centre de santé.

L’objectif ne se limite pas à proposer davantage de consultations pendant une année. Les autorités sanitaires souhaitent aussi faire découvrir aux jeunes praticiens des territoires où ils pourraient choisir de s’installer après leur formation.


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Ce que l’arrivée des docteurs juniors change pour les patients

Pour les habitants, l’intérêt immédiat est la possibilité d’accéder à des consultations supplémentaires. Les docteurs juniors peuvent recevoir des patients, y compris ceux qui ne disposent pas de médecin traitant.

Leur présence ne garantit cependant pas automatiquement une place pour chaque patient. Les possibilités de rendez-vous dépendent de l’organisation des cabinets et des maisons de santé qui les accueillent.

Des consultations aux tarifs habituels

Consulter un docteur junior n’entraîne aucun supplément d’honoraires. L’Assurance maladie prend en charge les consultations selon les règles habituelles.

Le tiers payant s’applique à la part remboursée par l’Assurance maladie obligatoire. Le patient n’a donc pas à avancer cette somme. Les règles habituelles concernant la complémentaire santé, le ticket modérateur et la participation forfaitaire restent applicables.

Le ticket modérateur correspond à la part des dépenses de santé qui reste après le remboursement de l’Assurance maladie. Une complémentaire santé peut notamment la prendre en charge selon le contrat souscrit.

Un suivi médical possible, mais pas de déclaration comme médecin traitant

Un docteur junior peut recevoir un même patient à plusieurs reprises et participer à son suivi pendant son stage. En revanche, il ne peut pas être déclaré comme médecin traitant durant cette dernière année de formation.

Pour les personnes qui disposent déjà d’un médecin traitant, celui-ci conserve son rôle de référent. Les professionnels peuvent échanger les informations nécessaires au suivi, dans le respect du secret médical.

Les patients sans médecin traitant peuvent également consulter un docteur junior. La structure d’accueil pourra les renseigner sur les possibilités de suivi à plus long terme et les accompagner dans leurs démarches.

Le patient doit savoir qu’il consulte un docteur junior

Le statut du jeune médecin doit être clairement porté à la connaissance du patient. Celui-ci peut poser des questions sur son rôle et sur les modalités d’intervention de son maître de stage.

Il peut également demander à consulter le médecin qui supervise le stage ou un autre praticien. La structure lui expliquera les possibilités selon sa situation médicale et la disponibilité des professionnels.

Comme tout médecin, le docteur junior doit respecter le secret médical et les règles de confidentialité des informations de santé.

Pour connaître les possibilités de consultation dans une maison de santé concernée, les habitants peuvent contacter directement son secrétariat.

L’arrivée de ces 19 jeunes médecins représente ainsi un renfort pour les territoires concernés. Leur présence permettra d’assurer des consultations pendant leur formation. La question d’une éventuelle installation définitive se posera ensuite, selon les choix de chacun.

En bref : ce qu’il faut retenir sur les docteurs juniors dans les Deux-Sèvres

Combien de docteurs juniors arrivent dans les Deux-Sèvres ?

Depuis le 2 novembre 2026, 19 docteurs juniors en médecine générale sont affectés dans 15 communes du département.

Quelles communes accueillent le plus de docteurs juniors ?

Bressuire, Cerizay, Chauray et Saint-Maixent-l’École comptent chacune deux affectations. Les autres communes concernées en accueillent une.

Peut-on consulter un docteur junior sans médecin traitant ?

Oui. Un docteur junior peut recevoir et suivre des patients sans médecin traitant pendant son stage. Il ne peut toutefois pas devenir leur médecin traitant durant cette période.

Une consultation chez un docteur junior coûte-t-elle plus cher ?

Non. Aucun supplément d’honoraires ne s’applique. Les consultations bénéficient des remboursements habituels, avec tiers payant sur la part de l’Assurance maladie obligatoire.

Les docteurs juniors vont-ils rester dans les Deux-Sèvres ?

Leur présence s’inscrit dans une dernière année de formation. Certains envisagent une installation sur leur territoire de stage, mais chacun reste libre de choisir son futur lieu d’exercice.

Sources

Crédit photo d’illustration : Thirdman – Pexels

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