Rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres

Rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres : Coralie Dénoues refuse de s’endetter davantage

Publicités

La rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres provoque un désaccord entre le Département et le gouvernement. Après l’annonce de 4 milliards d’euros de prêts pour les établissements scolaires, Coralie Dénoues refuse cette solution fondée sur l’endettement. La présidente du Conseil départemental réclame une autre répartition des dépenses entre l’État et les collectivités. Elle défend également une stratégie d’investissement qui tient compte de la forte baisse attendue du nombre de collégiens.

Rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres : anticiper la baisse des effectifs

Le 26 octobre 2026, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels, mobilisable d’ici 2030 pour rénover les établissements scolaires. Destinée notamment aux lycées, elle pourra également bénéficier aux Départements pour les collèges et aux communes pour les écoles.

Ces financements, proposés dans le cadre du programme ÉduRénov, doivent permettre aux collectivités d’emprunter à des taux préférentiels. L’objectif est de faciliter les travaux nécessaires pour améliorer l’état des bâtiments et les conditions d’apprentissage. Les Régions sont responsables des lycées, tandis que les Départements assurent la gestion des bâtiments des collèges.

Dans les Deux-Sèvres, cette annonce suscite une vive réaction de Coralie Dénoues. Dans un communiqué publié mercredi 28 octobre, la présidente du Conseil départemental considère que le gouvernement apporte une réponse financière inadaptée aux besoins des collectivités.

« Un prêt n’est pas une aide » : Coralie Dénoues dénonce un endettement supplémentaire

Pour l’élue, le problème tient à la nature même du financement proposé. Un prêt à taux préférentiel permet d’emprunter à des conditions plus avantageuses, mais il faut toujours rembourser le capital. Contrairement à une subvention, cet argent ne constitue donc pas une aide financière définitive.

« Proposer aux collectivités de s’endetter, ce n’est pas les aider », affirme Coralie Dénoues. Elle rappelle que les Départements doivent voter leurs budgets à l’équilibre et surveiller leur capacité de remboursement.

La présidente défend ainsi une gestion prudente des finances départementales. Selon elle, recourir à de nouveaux emprunts reviendrait à faire supporter aux Deux-Sévriens une dette supplémentaire pour financer des travaux dans les collèges.

Cette critique dépasse toutefois la seule question des emprunts. Coralie Dénoues estime que le gouvernement devrait d’abord revoir la répartition des dépenses scolaires entre l’État et les Départements.

Informatique, logiciels, transports : des dépenses scolaires au cœur du désaccord

Le Département ne conteste pas sa responsabilité dans l’entretien et la rénovation des collèges publics. En revanche, sa présidente considère que plusieurs dépenses actuellement supportées par la collectivité devraient revenir à l’Éducation nationale.

Elle cite notamment l’équipement et la maintenance informatique des établissements, les outils numériques comme Pronote, ainsi que le transport des élèves vers les piscines pour les cours d’éducation physique et sportive (EPS).

Selon Coralie Dénoues, ces dépenses représentent chaque année une charge importante pour les finances départementales. Elle reproche à l’État de les laisser aux collectivités sans compensation suffisante, au détriment des investissements dans les bâtiments scolaires.

La répartition des responsabilités est néanmoins plus complexe. Le Code de l’éducation confie expressément aux Départements l’acquisition et la maintenance des équipements informatiques nécessaires à l’enseignement. Les programmes scolaires et la gestion des enseignants relèvent, en revanche, de l’État.

La contestation de Coralie Dénoues porte donc aussi sur le partage financier des missions éducatives. Elle estime qu’une prise en charge différente de certaines dépenses permettrait aux Départements de consacrer davantage de moyens à la rénovation des collèges, sans augmenter leur dette.


À voir aussi : Collège Gérard Philipe à Niort : 13,4 M€ de travaux jusqu’à l’été 2027


Le Plan Collège 2050 face à une forte baisse du nombre d’élèves

Au-delà du financement, Coralie Dénoues défend une autre approche : adapter les investissements à l’évolution de la population scolaire. Le Département a engagé cette réflexion dès 2023 avec son Plan Collège 2050.

Cette stratégie répond notamment au vieillissement des bâtiments et à la baisse attendue du nombre d’élèves. Selon l’édition 2026 du Plan Collège 2050, les établissements publics comptaient 13 542 élèves à la rentrée 2022-2023. Les dernières projections annoncent 10 329 collégiens en 2032-2033, soit 3 213 élèves de moins, une baisse de 23,7 %.

Cette évolution oblige la collectivité à repenser l’utilisation de ses établissements. Certains collèges deux-sévriens pourraient disposer de locaux trop grands par rapport aux effectifs futurs, tandis que d’autres secteurs conserveraient des besoins d’accueil plus importants.

La rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres s’inscrit dans un programme de 93 millions d’euros d’investissements entre 2023 et 2028. Pour 2026, le Département prévoit 22,921 millions d’euros afin de construire ou restructurer plusieurs établissements.

Les projets concernent notamment Parthenay, Secondigny et Thénezay, en Gâtine. Des opérations de restructuration sont également intégrées au programme à Niort, dans les collèges Philippe-de-Commynes et Gérard-Philipe, ainsi qu’à Melle, au collège Le Pinier.

Pour Coralie Dénoues, ces transformations doivent répondre aux besoins scolaires des dix ou vingt prochaines années, plutôt qu’à une logique de travaux engagés dans l’urgence.

« Rénover sans tenir compte de l’évolution démographique, c’est investir sans vision », estime la présidente du Département.

Cette position résume le désaccord avec le gouvernement : avant de proposer de nouveaux emprunts, Coralie Dénoues demande à l’État de revoir le financement des dépenses scolaires et de laisser aux collectivités les moyens de programmer leurs investissements sur le long terme.

En bref : ce qu’il faut retenir sur la rénovation des collèges dans les Deux-Sèvres

Pourquoi Coralie Dénoues critique-t-elle les prêts du gouvernement ?

La présidente du Conseil départemental estime que les 4 milliards d’euros de prêts annoncés le 26 octobre 2026 risquent d’alourdir l’endettement des collectivités, même avec des taux préférentiels.

Que demande-t-elle à l’État ?

Coralie Dénoues souhaite que l’État assume davantage de dépenses liées au fonctionnement scolaire. Elle considère que cette nouvelle répartition permettrait de dégager des moyens pour rénover les collèges sans emprunter davantage.

Que prévoit le Plan Collège 2050 ?

Le Département prévoit 93 millions d’euros d’investissements entre 2023 et 2028. Sa stratégie tient compte de la rénovation des bâtiments et de la baisse prévue des effectifs, qui pourraient passer de 13 542 collégiens en 2022-2023 à 10 329 en 2032-2033 dans les établissements publics.

Sources

Crédit photo d’illustration : Google Maps

Laisser un commentaire

Turn on JavaScript to leave a comment.