La gendarmerie des Deux-Sèvres appelle les habitants à la vigilance face à une recrudescence de signalements de faux démarcheurs. Publiée dimanche 25 octobre 2026, cette alerte intervient après plusieurs mises en garde de communes du département, concernant notamment de faux agents et des ventes suspectes à domicile.
Ne laissez pas entrer un inconnu en cas de doute
Ne rien signer, ne verser aucune somme d’argent et demander une carte professionnelle officielle : la gendarmerie rappelle les précautions à prendre lorsqu’un inconnu se présente à domicile. Elle recommande de ne pas le laisser entrer en cas de doute et de contacter immédiatement le 17 ou le 112.
Les militaires invitent également les habitants à transmettre ces conseils à leurs proches, notamment aux personnes âgées ou isolées. Cet appel à la vigilance concerne l’ensemble des Deux-Sèvres, où plusieurs communes ont récemment signalé des démarches suspectes.
De faux agents et des ventes suspectes signalés dans plusieurs communes
À Saint-Vincent-la-Châtre, la mairie a alerté les habitants le 22 octobre. Des personnes se présentent à domicile au nom de la communauté de communes Mellois en Poitou pour vendre des sacs destinés aux bacs jaunes. La collectivité précise qu’il ne s’agit pas de ses agents.
Quelques jours auparavant, à Fressines, deux personnes auraient proposé de faux bons de commande pour obtenir des poubelles jaunes contre 10 €. D’autres signalements concernent Fressines et Prailles-La Couarde. De prétendus agents du Syndicat d’études et de réalisation des travaux d’amélioration de la desserte en eau (Sertad) auraient proposé des interventions payantes sur des compteurs d’eau.
Ces mises en garde s’ajoutent à plusieurs alertes diffusées depuis la fin septembre :
- 29 septembre, Sainte-Néomaye : deux personnes se présentent auprès d’habitants en affirmant venir de la mairie ou du cadastre.
- 29 septembre, Aigondigné : la commune signale notamment une escroquerie téléphonique. Un faux gendarme demande à sa victime de découper sa carte bancaire avant qu’un coursier vienne la récupérer.
- Début octobre, Saint-Germain-de-Longue-Chaume : une personne tente de vendre un bulletin municipal pourtant gratuit. Elle réclame d’abord 10 €, puis 20 € après le refus d’une habitante.
- 20 octobre, Mauléon : la mairie met en garde contre des démarches frauduleuses, notamment sous un faux prétexte d’enquête à domicile.
Ces signalements ne concernent pas tous les mêmes pratiques. Certains impliquent des visites à domicile, tandis que d’autres relèvent d’escroqueries téléphoniques. Aucun lien n’est établi entre ces différents faits.
Comment vérifier l’identité d’un démarcheur ?
Le démarchage à domicile est une activité commerciale légale. Mais certains escrocs utilisent ce prétexte pour entrer dans un logement, dérober des objets de valeur ou repérer les lieux avant un cambriolage, rappelle la Gendarmerie nationale.
Les fraudeurs peuvent notamment se présenter comme des policiers, des gendarmes ou des agents de services publics. Pour éviter de tomber dans leur piège, la gendarmerie recommande de vérifier combien de personnes se trouvent devant la porte, notamment à l’aide d’un judas ou d’un visiophone.
Une carte professionnelle constitue un premier élément de vérification, mais elle ne suffit pas toujours. Lorsqu’une personne affirme intervenir pour une mairie, une collectivité ou une entreprise, mieux vaut contacter directement l’organisme concerné, avec un numéro obtenu par ses propres moyens.
Si le visiteur insiste ou devient menaçant, la Gendarmerie nationale conseille d’appeler immédiatement le 17. Les victimes d’une escroquerie peuvent également déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
À voir aussi : Faux agents à Saint-Vincent-la-Châtre : alerte sur la vente de sacs jaunes à domicile
Démarchage à domicile : quels sont vos droits ?
Même lorsqu’un vendeur exerce légalement, il doit respecter plusieurs règles destinées à protéger les consommateurs. Ces obligations permettent notamment de refuser une sollicitation, de connaître les conditions d’une vente et, dans certains cas, de revenir sur un engagement.
Le droit de refuser. Un professionnel ne peut pas démarcher une personne qui a clairement exprimé son refus de recevoir des visites commerciales. Cette opposition peut notamment prendre la forme d’un autocollant « Stop démarchage ».
Un contrat et des informations obligatoires. Avant toute signature, le vendeur doit communiquer son identité, celle de son entreprise, les caractéristiques du produit ou du service et son prix. Il doit également remettre un contrat conforme, accompagné d’un formulaire de rétractation.
Sept jours avant un paiement. En principe, le professionnel ne peut recevoir aucune somme pendant les sept jours suivant la conclusion du contrat. La loi prévoit toutefois des exceptions, notamment pour certaines prestations de services à la personne et des réparations urgentes demandées par le client.
Quatorze jours pour se rétracter. Le consommateur dispose généralement de ce délai pour annuler son contrat sans avoir à justifier sa décision. Il commence le lendemain de la réception du bien ou de la conclusion du contrat pour une prestation de services. Certains produits et services échappent toutefois à ce droit, notamment les biens personnalisés et certaines interventions urgentes.
Ces protections concernent les véritables contrats de démarchage commercial. Elles ne remplacent pas les précautions recommandées par la gendarmerie face à une personne qui usurpe une identité ou tente d’obtenir de l’argent frauduleusement.
En bref : ce qu’il faut retenir sur les faux démarcheurs
Que faire lorsqu’un inconnu se présente à domicile ?
Ne le laissez pas entrer en cas de doute. Demandez une carte professionnelle et vérifiez son identité auprès de l’organisme dont il se réclame.
Quel numéro appeler face à un démarcheur suspect ?
La gendarmerie des Deux-Sèvres recommande d’appeler le 17 ou le 112 en cas de doute. Pour une vérification non urgente, vous pouvez également contacter directement la mairie ou l’organisme concerné.
Un démarcheur peut-il demander un paiement immédiat ?
En principe, un professionnel ne peut recevoir aucun paiement pendant les sept jours suivant la conclusion d’un contrat de démarchage à domicile. La loi prévoit toutefois certaines exceptions, notamment pour des réparations urgentes demandées par le consommateur.
Sources
- Gendarmerie des Deux-Sèvres, publication de prévention sur les faux démarcheurs – 25 octobre 2026
- Gendarmerie nationale, « Démarchages à domicile : repérer les arnaques » – sans date indiquée
- Service-Public.fr, « Démarchage à domicile : règles à respecter » – vérifié le 11 août 2026
- E.Niort, « Faux démarcheurs dans les Deux-Sèvres : alerte dans deux communes » – 1er octobre 2026
- E.Niort, « Arnaque au bulletin municipal : attention à ce faux démarchage » – 7 octobre 2026
- E.Niort, « Démarchages frauduleux à Mauléon : la mairie alerte les habitants et les entreprises » – 21 octobre 2026
- E.Niort, « Faux agents à Saint-Vincent-la-Châtre : alerte sur la vente de sacs jaunes à domicile » – 23 octobre 2026
Crédit photo d’illustration : Kevin.B, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons