Services à la personne en Deux-Sèvres

Dans les Deux-Sèvres, près d’un ménage sur cinq faisait appel aux services à la personne en 2019. Avec 18,5 % de foyers utilisateurs, le département occupait la première place en Nouvelle-Aquitaine et la quatrième en France métropolitaine. Une étude de l’Insee du 8 octobre 2026 éclaire ces écarts. Elle annonce aussi une progression du recours d’ici 2050, sous l’effet du vieillissement.

Les Deux-Sèvres au premier rang régional, devant la Corrèze

En 2019, 30 385 ménages deux-sévriens déclaraient des dépenses de services à la personne. Ces prestations comprennent notamment le ménage, le jardinage, la garde d’enfants et l’accompagnement des personnes âgées ou handicapées. L’étude exclut la garde assurée par les assistants maternels.

Avec un taux de 18,5 %, les Deux-Sèvres devançaient la Corrèze (18,2 %). Le recours atteignait 16 % en Nouvelle-Aquitaine, contre 13,9 % en France métropolitaine. À l’autre extrémité du classement régional, la Gironde affichait 14,8 % et le Lot-et-Garonne 14,9 %.

Un fort recours dans les départements voisins de l’Ouest

La première place régionale des Deux-Sèvres s’inscrit dans un ensemble plus vaste. Au niveau national, le département arrivait quatrième. Seuls la Vendée (19,8 %), la Mayenne (19,6 %) et le Maine-et-Loire (19 %) le devançaient.

Les départements voisins présentaient toutefois des situations contrastées, comme le montrent les données de l’Insee.

Département Ménages utilisateurs en 2019 Taux de recours
Vendée 60 742 19,8 %
Maine-et-Loire 64 902 19 %
Deux-Sèvres 30 385 18,5 %
Vienne 30 940 16,5 %
Charente-Maritime 49 654 16,1 %
Charente 24 919 15,7 %

Source : Insee, fichier localisé social et fiscal (Filosofi), 2019. Le taux mesure la proportion de ménages utilisateurs, et non la part des habitants.

Pourquoi de tels écarts ? Le revenu ne suffit pas à les expliquer. Le niveau de vie médian des Deux-Sèvres est proche de la moyenne régionale. Pourtant, la Gironde affiche le niveau de vie médian régional le plus élevé, mais un recours inférieur à la moyenne.

L’Insee évoque d’autres facteurs possibles, comme l’offre locale de services et les habitudes des ménages. Elle ne mesure pas leur influence spécifique dans les Deux-Sèvres.

Dans les Deux-Sèvres comme ailleurs, les besoins varient notamment selon l’âge.

Après 80 ans, le recours aux services à la personne augmente fortement

L’âge creuse les différences entre ménages. En Nouvelle-Aquitaine, le taux atteint seulement 3,5 % chez les ménages dont la personne de référence a moins de 35 ans. Elle grimpe à 45,3 % à partir de 80 ans. Pour les personnes seules de cet âge, elle atteint 49 %.

Le niveau de vie accentue encore les écarts. Dans la région, 4,8 % des ménages les plus modestes recourent à ces prestations, contre 47,6 % des plus aisés. À partir de 80 ans, l’écart persiste : 25 % des plus modestes recourent à ces prestations, contre près de 76 % des plus aisés.

Avant 65 ans, les couples avec enfants y recourent davantage que les autres ménages. La garde d’enfants et les tâches domestiques expliquent notamment cette tendance. Après cet âge, les besoins liés à la perte d’autonomie prennent davantage de place.

Des dépenses très différentes selon les ménages

Ce recours représente aussi un budget. En 2019, la moitié des ménages utilisateurs de Nouvelle-Aquitaine dépensaient moins de 1 360 euros par an, soit environ 3 % de leur revenu. Un quart y affectait toutefois plus de 6,4 %.

Cette part variait peu selon les départements. Elle atteignait 3,1 % en Gironde, contre 3,5 % à 3,7 % dans des départements plus ruraux comme la Creuse, la Dordogne ou la Corrèze.


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D’ici 2050, le vieillissement devrait accroître les besoins

La dynamique démographique pourrait amplifier ce recours. Selon le scénario central de l’Insee, la Nouvelle-Aquitaine compterait 572 200 ménages utilisateurs en 2050, contre 433 300 en 2019. Cela représenterait 138 900 ménages supplémentaires, soit une hausse de 32 %, supérieure aux 27 % prévus en France métropolitaine.

Le vieillissement explique l’essentiel de cette évolution. Dans la région, les ménages dont la personne de référence a 80 ans ou plus passeraient de 293 000 à 553 000. Le recours progresserait surtout en Gironde et dans les Landes (+46 % chacune), ainsi qu’en Charente-Maritime (+44 %).

Le maintien à domicile des personnes âgées pèsera également sur les résultats. S’il se renforce, l’Insee estime la hausse à environ 156 000 ménages utilisateurs entre 2019 et 2050. Des départs plus fréquents en établissement la limiteraient à 113 800.

Ces projections ne constituent pas des prévisions certaines. Elles supposent que les taux de recours restent identiques à ceux de 2019, à caractéristiques des ménages comparables. Les habitudes, l’offre de services ou les besoins liés aux fortes chaleurs pourraient évoluer d’ici là.

En bref : ce qu’il faut retenir sur les services à la personne dans les Deux-Sèvres

Quelle part des ménages utilise les services à la personne dans les Deux-Sèvres ?

En 2019, 18,5 % des ménages deux-sévriens, soit 30 385 foyers, avaient recours à ces prestations. C’était le taux le plus élevé de Nouvelle-Aquitaine.

Quelle place occupaient les Deux-Sèvres au niveau national ?

Le département se classait quatrième en France métropolitaine, derrière la Vendée, la Mayenne et le Maine-et-Loire.

Combien de ménages pourraient utiliser ces services en 2050 ?

L’Insee projette 572 200 ménages utilisateurs en Nouvelle-Aquitaine en 2050, soit 138 900 de plus qu’en 2019. Ce chiffre concerne la région entière, pas les seuls Deux-Sèvres.

Sources

Crédit photo d’illustration : Jsme MILA – Pexels

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