En ce début d’octobre 2026, la sécheresse dans le Marais poitevin reste préoccupante malgré le retour de quelques pluies à la fin de l’été. Dans les petites et moyennes rivières qui alimentent le Marais poitevin, 73 % des sites surveillés sont totalement à sec. Les réserves de substitution ne contiennent plus que 5 % de leur volume utile global. Le bulletin hydrologique d’octobre 2026 de l’Établissement public du Marais poitevin (EPMP) révèle une situation difficile, entre les Deux-Sèvres, la Vendée et la Charente-Maritime.
Près de trois sites sur quatre totalement à sec
Les pluies tombées à la fin du mois d’août, puis à la fin septembre, ont légèrement amélioré les niveaux de certains cours d’eau. Elles ont notamment permis le retour de l’eau dans des secteurs auparavant à sec. Mais cette amélioration reste limitée et de nombreux petits cours d’eau souffrent toujours du manque d’eau.
Les observations réalisées le 29 septembre par l’Office français de la biodiversité (OFB) montrent l’ampleur du phénomène. Sur les petites et moyennes rivières qui alimentent le Marais poitevin, 80 % des sites surveillés présentent une rupture d’écoulement, dont 73 % sont totalement à sec.
Une rupture d’écoulement signifie que l’eau ne circule plus normalement dans le cours d’eau. Elle peut encore subsister dans des trous d’eau isolés. Lorsque le lit est entièrement à sec, les spécialistes parlent d’un « assec ».
En bordure de la zone humide, le constat reste également préoccupant. Les sites où l’écoulement avait cessé ne montrent aucune reprise. Au 30 juin, 87 % des sites suivis dans ce secteur présentaient déjà une rupture d’écoulement, dont 58 % étaient totalement à sec.
Les réserves de substitution ne contiennent plus que 5 % d’eau
Le manque d’eau touche également les stockages utilisés pour l’irrigation agricole. Les 29 réserves de substitution du bassin ne contiennent plus qu’environ 580 000 m³ d’eau, soit 5 % de leur volume utile global. Une réserve sur trois est vide.
Ces réserves servent à stocker de l’eau destinée à l’irrigation des cultures. Elles permettent notamment de disposer de volumes prélevés en dehors des périodes où les besoins agricoles sont les plus importants.
Les barrages présentent une situation moins dégradée, mais leurs niveaux restent faibles. Au 4 octobre, ils contiennent environ 22 millions de m³ d’eau, soit 39 % de leur capacité maximale globale.
Dans le Marais poitevin, des niveaux d’eau très bas pour la saison
La sécheresse dans le Marais poitevin affecte aussi directement sa zone humide. Les niveaux d’eau sont très bas sur la plupart des secteurs. Certains se situent même nettement au-dessous des seuils de gestion prévus pour cette période de l’année.
Ces seuils, appelés niveaux planchers, correspondent aux niveaux bas fixés dans les contrats de marais et les règlements d’eau. Ces documents définissent les hauteurs d’eau à respecter pour organiser la gestion hydraulique des différents secteurs.
Le bulletin montre ainsi que le manque d’eau ne concerne pas uniquement les rivières qui alimentent le marais. Il touche également les niveaux d’eau à l’intérieur de la zone humide, malgré les pluies enregistrées à la fin de l’été.
Un mois de septembre marqué par le manque de pluie
Cette situation s’inscrit dans une succession de mois déficitaires. Depuis mars, les précipitations restent inférieures aux normales saisonnières, à l’exception du mois d’août. Le mois de septembre a de nouveau accentué le déficit.
Selon les relevés de Météo-France repris par l’EPMP, 18,1 mm de pluie sont tombés en septembre, contre 63,4 mm en moyenne sur la période 1991-2020. Ces chiffres correspondent à la moyenne de trois stations météorologiques : Niort, La Rochelle et La Roche-sur-Yon.
| Mois | Pluie en 2026 | Moyenne 1991-2020 |
|---|---|---|
| Juillet | 7,4 mm | 47,8 mm |
| Août | 57,6 mm | 49,9 mm |
| Septembre | 18,1 mm | 63,4 mm |
Après un mois de juillet particulièrement sec, les pluies d’août avaient apporté une amélioration temporaire. Septembre a toutefois reçu moins d’un tiers des précipitations habituelles.
La chaleur a également pesé sur les ressources en eau. Sur les trois derniers mois, les températures ont dépassé les moyennes historiques de 3,5 °C. L’évapotranspiration, qui désigne la perte d’eau par évaporation des sols et transpiration des plantes, est restée supérieure à la normale en août et en septembre.
Les nappes souterraines se stabilisent, mais restent fragiles
Sous terre, la situation évolue différemment. Les niveaux des nappes tendent à se stabiliser grâce à la diminution des prélèvements d’eau. Cette évolution ne signifie toutefois pas que les réserves souterraines ont retrouvé un niveau satisfaisant.
L’EPMP relève des niveaux modérément bas pour les nappes du Lay amont, de la Sèvre moyenne et du Lambon. La nappe du Curé, en Charente-Maritime, affiche quant à elle un niveau très bas.
Pour mesurer ces niveaux, les spécialistes utilisent des piézomètres, des appareils installés dans le sol qui permettent de suivre la hauteur de l’eau souterraine. Or, la quasi-totalité des points de mesure sont influencés par les prélèvements. Une remontée du niveau mesuré ne traduit donc pas nécessairement une amélioration générale de la ressource.
Les nappes et les cours d’eau du territoire réagissent rapidement aux précipitations. Le retour de pluies régulières joue ainsi un rôle déterminant dans leur évolution.
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Des restrictions d’eau toujours importantes en octobre
Face à cette sécheresse persistante, les restrictions d’utilisation de l’eau restent importantes sur le bassin du Marais poitevin. La carte de situation du 5 octobre montre que tous les secteurs concernés par les mesures de gestion de l’eau potable se trouvent en alerte renforcée ou en crise.
Pour l’irrigation agricole, les eaux superficielles de Vendée sont en situation de crise. Les prélèvements sont également coupés sur les secteurs Sèvre et Nord Aunis, ainsi que sur le secteur réalimenté du Lay est. Les eaux superficielles désignent notamment celles des rivières et des autres cours d’eau, par opposition aux nappes souterraines.
Ces mesures s’appliquent à un bassin versant qui s’étend sur plusieurs départements, dont les Deux-Sèvres. Un bassin versant désigne le territoire dont les eaux s’écoulent vers un même réseau de cours d’eau.
Les habitants peuvent consulter les restrictions applicables à leur commune sur VigiEau, la plateforme officielle d’information sur les limitations d’usage de l’eau. Les mesures peuvent varier selon le lieu et l’utilisation concernée.
Après plusieurs mois de déficit pluviométrique, les faibles pluies de fin d’été n’ont donc pas suffi à rétablir la situation hydrologique du Marais poitevin. L’état des cours d’eau, des nappes et de la zone humide reste étroitement lié aux prochaines précipitations.
En bref : ce qu’il faut retenir sur la sécheresse dans le Marais poitevin en octobre 2026
Quelle est la situation des cours d’eau en octobre 2026 ?
Au 29 septembre, 80 % des sites suivis sur les petits et moyens cours d’eau du bassin versant présentent une rupture d’écoulement. Parmi l’ensemble des sites observés, 73 % sont totalement à sec.
Quel est le niveau des réserves d’eau ?
Selon le bulletin hydrologique d’octobre 2026, les 29 réserves de substitution contiennent environ 580 000 m³ d’eau, soit 5 % de leur volume utile global. Au 4 octobre, les barrages disposent de 22 millions de m³, soit 39 % de leur capacité maximale.
Où connaître les restrictions d’eau en vigueur ?
La plateforme officielle VigiEau permet de consulter les restrictions applicables à chaque commune, notamment dans les Deux-Sèvres, en Vendée et en Charente-Maritime.
Sources
Crédit photo d’illustration : BAE JUN – Pexels