Accès aux soins en Deux-Sèvres spécialité par spécialité

La Fondation Jean-Jaurès vient de publier ses Cartes de France 2026 de l’accès aux soins, produites avec Doctolib à partir de 230 millions de consultations analysées. Pour chaque spécialité, le rapport publie deux cartes : le délai médian de prise de rendez-vous en 2025 et son évolution depuis 2023. Voici quels sont les délais médians d’accès aux soins en Deux-Sèvres, spécialité par spécialité.


Médecine générale : 4 à 5 jours, délai stable

Les Deux-Sèvres se situent dans la tranche 4 à 5 jours pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste. Le délai médian national est de 3 jours.

Concernant l’évolution entre 2023 et 2025, le département est classé stable (variation inférieure à 0,5 jour). Le signal national est moins rassurant : 47 % des départements enregistrent une hausse des délais sur la période, et seulement 4 % une amélioration.


Pédiatrie : données insuffisantes pour les Deux-Sèvres

Les Deux-Sèvres n’apparaissent pas dans les données concernant la pédiatrie, ni pour le délai 2025 ni pour l’évolution. Le rapport exclut les départements comptant moins de 5 praticiens utilisateurs de Doctolib ou dont la couverture Doctolib représente moins de 10 % des effectifs libéraux.

Au national, le délai médian est de 8 jours en 2025, en hausse d’un jour. La Vienne voisine enregistre l’une des dégradations les plus marquées du pays dans cette spécialité (+13 jours).


Chirurgie dentaire : données insuffisantes pour les Deux-Sèvres

Les Deux-Sèvres n’apparaissent pas dans les données sur la chirurgie dentaire. Le délai médian national est de 10 jours en 2025, en baisse d’un jour par rapport à 2023. 84 % des départements représentés restent stables sur la période.


Sages-femmes : 15 à 21 jours, délai en augmentation

Les Deux-Sèvres se situent dans la tranche 15 à 21 jours chez une sage-femme libérale. Le délai médian national est de 12 jours.

Concernant l’évolution du délai médian de la rise de rendez-vous, le département est en augmentation. C’est une tendance préoccupante dans un contexte où la profession monte en compétence sur le suivi gynécologique de premier recours. La Charente voisine est parmi les plus dégradées au niveau national (+9 jours).


Kinésithérapie : données insuffisantes pour l’accès aux soins en Deux-Sèvres

Les Deux-Sèvres n’apparaissent pas dans les données sur la kinésithérapie. Le rapport indique que 51 départements sur 96 sont absents de ces cartes dans cette spécialité, proportion la plus élevée parmi les dix professions étudiées.

Au national, le délai médian est de 6 jours, stable par rapport à 2023.


Cardiologie : 61 à 90 jours, diminution de plus de 7 jours

Les Deux-Sèvres se situent dans la tranche 61 à 90 jours chez le cardiologue. C’est au-dessus du délai médian national de 42 jours.

Le département est en diminution. C’est un signal positif dans une spécialité sous tension nationale : 35 % des départements enregistrent une hausse des délais entre 2023 et 2025. La cardiologie est la spécialité médicale affichant les délais les plus longs du rapport, avec des écarts allant de 16 jours (Paris) à 164 jours (Gers).


Gynécologie : 46 jours, l’un des délais les plus élevés du pays

C’est la situation la plus préoccupante pour le département. En 2025, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un gynécologue est de 46 jours dans les Deux-Sèvres. Le rapport cite explicitement les Deux-Sèvres aux côtés du Cher (56 jours), de la Haute-Vienne (51 jours) et de la Vendée (47 jours), qualifiant cet ensemble de « territoires en forte tension ».

Le délai médian national est de 19 jours. L’écart avec l’Île-de-France (10 à 16 jours) atteint près de 30 jours.

Pour l’évolution du délai de prise de rendez-vous, les Deux-Sèvres sont classées stables (variation inférieure à 7 jours entre 2023 et 2025). La légère baisse nationale de 2 jours ne suffit pas à corriger les déséquilibres structurels, selon le rapport. Les effectifs de gynécologues médicaux ont chuté de 1 945 à 816 praticiens entre 2007 et 2023 en France.


Ophtalmologie : plus de 60 jours actuellement, mais forte baisse des délais

Pour l’ophtalmologie, les Deux-Sèvres se situent dans la tranche plus de 60 jours sur la carte des délais 2025. Le délai médian national est de 21 jours.

C’est sur la carte d’évolution que le département se distingue nettement. Les Deux-Sèvres apparaissent en diminution, avec une baisse de 65 jours entre 2023 et 2025. Le rapport cite le département nommément comme l’une des améliorations les plus fortes de France, dans un groupe de territoires du Val de Loire qui progressent rapidement (Indre-et-Loire : -34 jours, Vienne : -24 jours).

Cette amélioration s’explique par le déploiement du travail aidé : les ophtalmologistes délèguent les actes standardisés aux orthoptistes, concentrant leur temps sur les cas complexes. Ce modèle a permis de diviser par plus de deux les délais nationaux en huit ans à effectifs quasi constants.


Dermatologie : 31 à 60 jours, stable

Les Deux-Sèvres se situent dans la tranche 31 à 60 jours chez le dermatologue. Le délai médian national est de 32 jours.

Concernant l’évolution, le département est stable. La situation nationale reste fragile : la profession perd des effectifs (-20,8 % depuis 2015), avec des projections qui anticipent encore -15 % à l’horizon 2035.


Psychiatrie : 15 à 30 jours, stable

Les Deux-Sèvres se situent dans la tranche 15 à 30 jours chez le psychiatre libéral. Le délai médian national est de 15 jours.

Au sujet de l’évolution, le département est stable. La dynamique nationale est défavorable : 41 % des départements enregistrent une hausse. La psychiatrie est la seule spécialité à ne pas présenter de logique géographique dans la répartition des tensions — le problème est structurel plutôt que territorial, selon le rapport.


Tableau récapitulatif des délais médians d’accès aux soins en Deux-Sèvres

Spécialité Délai médian 2025 Évolution 2023-2025 Médiane nationale
Médecine générale 4 à 5 jours Stable 3 jours
Pédiatrie Non représentatif Non représentatif 8 jours
Chirurgie dentaire Non représentatif Non représentatif 10 jours
Sages-femmes 15 à 21 jours Augmentation 12 jours
Kinésithérapie Non représentatif Non représentatif 6 jours
Cardiologie 61 à 90 jours Diminution 42 jours
Gynécologie 46 jours (46 à 65 j.) Stable 19 jours
Ophtalmologie Plus de 60 jours Diminution (-65 j.) 21 jours
Dermatologie 31 à 60 jours Stable 32 jours
Psychiatrie 15 à 30 jours Stable 15 jours

« Non représentatif » signifie que le département compte moins de 5 professionnels utilisateurs de Doctolib ou que la couverture représente moins de 10 % des effectifs libéraux. Les délais sont des fourchettes issues des cartes ; seule la gynécologie (46 jours) et l’évolution ophtalmologie (-65 jours) sont citées avec une valeur exacte dans le texte du rapport.


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Note méthodologique sur les délais médians d’accès aux soins en Deux-Sèvres

Les données proviennent de la plateforme Doctolib et couvrent les rendez-vous pris en ligne uniquement. Elles ne mesurent pas les rendez-vous donnés directement par les praticiens à l’issue d’une consultation.

Source : Fondation Jean-Jaurès / Doctolib, Cartes de France 2026 de l’accès aux soins, mai 2026. Analyse de Joy Raynaud.


En bref : ce qu’il faut retenir des délais médians d’accès aux soins en Deux-Sèvres

Quelle est la situation la plus préoccupante pour les Deux-Sèvres en accès aux soins ? La gynécologie. Avec 46 jours d’attente, le département figure parmi les 4 plus tendus de France selon le rapport de la Fondation Jean-Jaurès publié en mai 2026.

Dans quelle spécialité les Deux-Sèvres s’améliorent-elles le plus ? En ophtalmologie : le délai médian a baissé de 65 jours entre 2023 et 2025, l’une des progressions les plus fortes du pays, grâce au déploiement de la délégation de tâches aux orthoptistes.

Pourquoi certaines spécialités ne sont-elles pas représentées sur les cartes ? Le rapport exclut les départements comptant moins de 5 praticiens utilisateurs de Doctolib ou dont la couverture Doctolib est inférieure à 10 % des effectifs libéraux. Les Deux-Sèvres sont absentes des cartes pour la pédiatrie, la kinésithérapie et la dermatologie.

 

Source : Cartes de France 2026 de l’accès aux soins – mai 2026

Crédit photo d’illustration : RDNE Stock project – Pexels

 

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