Les habitants de Niort et des alentours empruntent chaque jour la rue Ricard sans toujours savoir qu’ils marchent sur les traces d’un figure niortaise ou bien de l’inventeur d’un apéritif anisé. Au cœur du centre-ville, cette artère commerçante cache une histoire bien plus riche.
D’où vient le nom de la rue Ricard ?
La rue Ricard rend hommage à Amable Ricard (1828-1876), avocat niortais. Il fut chef de l’opposition libérale dans les Deux-Sèvres sous le Second Empire. Après la Révolution du 4 septembre 1870, il devient préfet des Deux-Sèvres. Il poursuit ensuite sa carrière comme député, puis vice-président de l’Assemblée nationale. Amable Ricard occupe également brièvement le poste de ministre de l’Intérieur. Il incarne ainsi la transition vers la République. En 1876, la rue prend officiellement son nom, et un monument est élevé à sa mémoire place du Donjon en 1880, avant que le buste en bronze ne soit fondu par l’occupant allemand en 1942.
De la rue du Minage à une artère commerçante
Avant d’honorer Amable Ricard, la rue a changé plusieurs fois de nom. D’abord, elle a pris le nom de la rue du Minage au début du XVIIe siècle. Ensuite, elle s’est appelée rue du Peuple pendant la Révolution, rue de Napoléon ou Bonaparte sous l’Empire, puis rue Royale, avant de redevenir rue du Minage en 1825. Elle relie la place de la Brèche à la rue Victor‑Hugo. Elle constitue l’une des principales artères commerçantes de Niort.
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Les dragons de la rue Ricard, légende niortaise
Quatre grands dragons en bronze gardent les entrées de la rue Ricard et de la rue du Temple. L’architecte-plasticien Jacques Hondelatte les a créés en 1992. Leur présence a d’ailleurs inspiré l’appellation actuelle de « rue des Dragons ». Ces sculptures illustrent une ancienne légende niortaise. Selon ce récit, un énorme serpent ailé terrorisait autrefois les abords marécageux de la porte Saint-Jean. Le soldat Jacques Allonneau aurait alors sacrifié sa vie pour tuer le monstre, avant de succomber à son venin. Toutefois, le lien exact entre cette histoire et les sculptures reste discuté. En effet, une possible référence aux « dragons » de Louis XIV, soldats associés aux persécutions contre les protestants, est aussi évoquée, sans certitude.
En flânant la prochaine fois dans la rue Ricard à Niort, vous marcherez donc à la fois sur les pas d’un ministre républicain et à l’ombre d’un dragon bien ancré dans l’imaginaire niortais.
Source : Wiki-Niort